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Qu'est-ce que le projet Tomatosphère?

Tomatosphère est un projet de sensibilisation aux sciences auquel participent plus de 11 300 classes du Canada (et des États-Unis). Ce projet mise sur l'attrait que suscite l'exploration spatiale pour inciter les élèves à approfondir leurs connaissances sur les sciences, l'espace et l'agriculture ainsi que sur le rôle de chef de file que le Canada joue dans les activités d'appui aux vols spatiaux de longue durée.

Le projet a commencé en 2001, et il prend de l'ampleur d'année en année. Tous les printemps, des élèves de la 2e année à la 4e secondaire (10e année) mènent des expériences pour étudier les effets des conditions spatiales sur la croissance des aliments (p. ex., les tomates) qui seront inévitablement utilisés pour appuyer les missions habitées à long terme visant à établir une base sur la Lune, puis sur Mars. D'après le nombre actuel d'inscriptions, on s'attend à ce que plus de 12 000 classes participent à Tomatosphère au printemps 2009, un record dans l'histoire du projet.

En 2010, les élèves participants utiliseront deux catégories de semences. L'une d'elles constitue un groupe témoin qui servira de base de comparaison avec l'autre catégorie de semences. Le groupe témoin se compose de graines Heinz H9478 qui n'ont pas été exposées à des conditions particulières. Le deuxième groupe de semences, également composé de graines Heinz H9478, a été exposé à des conditions simulant l'atmosphère martienne dans des installations du Centre spatial Kennedy, en Floride.

Les élèves mèneront l'expérience de la germination « à l'aveugle », c'est-à-dire qu'ils ne sauront pas à quel traitement les semences ont été soumises avant d'avoir terminé cette partie du projet. Cela évitera toute distorsion involontaire des résultats.

Les enseignants peuvent bonifier l'expérience de base sur la germination et l'associer à l'étude des plantes, de l'espace ou de l'environnement, selon leur programme pédagogique et le niveau scolaire de leurs élèves. Le projet Tomatosphère comprend également plusieurs modules additionnels que les enseignants peuvent utiliser dans leur classe. Ces modules établissent des liens non seulement avec les sciences, mais aussi avec d'autres éléments du programme d'enseignement, tels que la nutrition, l'énergie, la météorologie et l'environnement.

Objectif

Dans leurs travaux, les élèves aborderont les questions ayant trait aux moyens utilisés pour soutenir la vie pendant des missions d'exploration spatiale (aliments, eau, oxygène et nécessité d'absorber le dioxyde de carbone produit par la respiration des membres de l'équipage). À l'heure actuelle, le ravitaillement de la Station spatiale internationale en matériel et en nourriture provenant de la Terre est assuré de façon régulière, mais les vaisseaux spatiaux transportent une quantité tout juste suffisante de provisions pour soutenir les équipages lors de missions de courte durée. Or, pour faire l'aller-retour de la Terre à Mars, la planète la plus proche de nous, il faut compter près de deux ans et demi.

Notre désir de voyager plus loin et plus longuement dans le cosmos nous oblige à trouver des façons d'optimiser l'utilisation des ressources pour soutenir la vie dans l'espace restreint des véhicules spatiaux. Un système fondé sur les plantes pourrait fournir une partie de la solution. Grâce à la photosynthèse, les plantes utilisent l'énergie de la lumière pour consommer le dioxyde de carbone que les humains produisent et pour retourner dans l'air l'oxygène nécessaire à la vie. Or, le plant de tomates figure parmi les plantes les plus populaires et les plus utiles pour les applications spatiales. La tomate constitue un aliment nutritif qui fournit une source d'eau purifiée grâce au processus d'évaporation foliaire.

L'exposition des semences à différentes conditions permettra aux chercheurs de vérifier si les voyages spatiaux ont une incidence sur elles et, le cas échéant, de cerner les effets de ces conditions. Ils pourront également déterminer quels types de semences ont le meilleur potentiel de germination et de croissance en orbite, ce qui est crucial pour la réussite des missions spatiales où le manque d'espace constitue un sérieux problème. Puisque l'espace est plutôt restreint à l'intérieur d'un engin spatial, la quantité de plants pouvant être cultivés et le nombre de personnes pouvant vivre de cette culture pendant de longues périodes sont limités. Lorsqu'une semence particulière est envoyée en orbite, elle doit germer, continuer de croître sainement et vigoureusement, puis produire des fruits en abondance. Les semences qui ne germent pas ou qui donnent des plants fragiles dont la croissance est déficiente ne conviennent pas à une mission spatiale. Des plants moins robustes risquent aussi de développer des maladies qui se propageront aux autres plants et qui créeront davantage de problèmes dans ce milieu contrôlé.

Les élèves compareront le taux de germination des semences du groupe témoin à celui des semences exposées aux conditions simulées de l'atmosphère martienne, puis ils communiqueront les résultats qu'ils obtiendront sur la croissance et le développement des plants. Ils apprendront à exécuter une expérience scientifique, ce qui pourrait les inciter à poursuivre leurs études dans le domaine des sciences et des technologies. Si nous voulons motiver les jeunes à entreprendre des études scientifiques et technologiques, nous devons nous concentrer sur les besoins techniques d'initiatives comme celles entreprises dans le cadre du programme spatial. Les élèves ne deviendront pas tous astronautes, mais nombre d'entre eux sauront exercer un rôle important et intéressant qui contribuera aux programmes axés sur le savoir, comme ceux élaborés par l'Agence spatiale canadienne et d'autres organismes.